
Giang Ly ne part plus
Nouvelle érotique queer colocatairesQueer11 min de lecture
Une histoire de Giang Ly
Nour cherche une colocataire pour la fin de l’été. Giang Ly arrive avec un sac et des rushes qu’elle ne coupe plus. L’appartement n’a qu’une salle de bain et trop peu de portes.
J’ai ouvert la porte un mardi de fin d’été, quand la chaleur de Paris s’attardait encore dans les cages d’escalier et que les voisins laissaient leurs fenêtres grandes. Giang Ly est entrée avec un seul sac. Elle venait de l’annonce que j’avais mise pour la seconde chambre, et elle portait encore, collés à elle, des rushes qu’elle n’arrivait plus à trancher. Je l’ai laissée poser le sac dans la pièce du fond. L’appartement n’avait qu’une salle de bain et trop peu de portes, une cuisine étroite, un couloir qui sentait le savon et le café froid. Elle a payé le mois sans discuter, et c’est ainsi que trois semaines ont commencé, dans un logement trop petit pour deux femmes qui ne savaient pas encore ce qu’elles allaient se demander.
Le soir même elle s’est tenue trop près de l’évier, les manches retroussées, l’eau qui coulait sur ses poignets. J’étais derrière elle pour prendre un verre, et son épaule a touché ma poitrine sans qu’aucune de nous recule. Elle a parlé comme on pose un plan, d’une voix brève, puis elle s’est tue pour voir ce que j’allais ajouter. J’ai dit que je n’étais pas une scène. Elle a souri, et ce sourire m’a d’abord perdue plus que n’importe quelle main.
Nous n’avons pas dîné vraiment. Elle a tourné autour de la table, m’a bousculée en riant, a laissé ses hanches frotter les miennes chaque fois qu’elle passait. Quand elle a demandé si la salle de bain était libre, sa bouche était déjà trop près de mon oreille, et j’ai compris que la colocation n’aurait pas de période d’essai. Je l’ai suivie. Elle a ouvert le robinet, s’est déshabillée sans théâtre, et m’a tendu la main pour que je la rejoigne sous l’eau chaude.
L’eau lui collait les cheveux au cou et lui faisait briller les seins. Giang Ly m’a tirée contre elle, a ouvert ma bouche avec la sienne, et sa langue a été tout de suite exigeante, comme si elle avait décidé que le premier baiser n’aurait pas le droit d’être poli. Je l’ai plaquée au carrelage mouillé. Ses cuisses se sont ouvertes autour de ma jambe, et j’ai senti sa chatte chaude, déjà glissante, frotter mon genou pendant que l’eau coulait entre nous. Elle a gémi contre mes lèvres, un son bas, et ses ongles se sont accrochés à mes épaules.
J’ai glissé la main entre ses cuisses. Deux doigts ont trouvé son clitoris gonflé, l’ont entouré, l’ont frotté lentement pendant qu’elle poussait son bassin vers moi. Elle était mouillée d’une façon qui n’avait rien à voir avec la douche. Je suis entrée en elle jusqu’à la paume, et sa chatte m’a serrée tout de suite, chaude, étroite, pulsant autour de mes doigts. Elle a dit mon prénom une seule fois, « Nour », comme on pose une limite et une permission ensemble, et j’ai compris que je n’oublierais pas ce son.
Je l’ai baisée sous l’eau, le pouce sur son clitoris, les doigts recourbés contre ce point à l’intérieur qui la faisait trembler. Elle a juté contre mon poignet, la tête rejetée, la bouche ouverte, et l’eau lui entrait entre les dents. Je n’ai pas ralenti. Elle a joui une première fois en me mordant l’épaule, le corps durci, puis ramolli, et elle a ri d’un rire étonné, presque méchant, comme si elle n’avait pas prévu d’être aussi facile à prendre. J’ai continué à la pénétrer pendant qu’elle se remettait, plus lentement, et elle a refermé les cuisses sur ma main pour que je reste. La salle de bain n’avait pas de porte qui tienne vraiment, et j’ai pensé que les voisins pouvaient nous entendre, et que cela m’était égal.
Quand l’eau a commencé à refroidir, elle s’est mise à genoux devant moi, les lèvres contre mon sexe, et elle m’a léchée sans demander. Sa langue était précise, un peu trop sûre, et j’ai dû m’appuyer au mur pour ne pas glisser. Elle m’a sucé le clitoris, y a mis deux doigts, et m’a regardée d’en bas pendant que je jouissais dans sa bouche, les hanches incontrôlables. Ensuite elle s’est relevée, m’a embrassée avec le goût de moi sur la langue, et elle a dit que demain on recommencerait, comme si le contrat de colocation venait d’être réécrit.
Trois jours plus tard, c’était encore la cuisine. Giang Ly coupait des tomates trop mûres, pieds nus, un T-shirt à moi qui lui arrivait à mi-cuisses, et elle savait très bien ce qu’elle faisait. Je me suis approchée pour lui prendre le couteau. Elle a laissé le T-shirt remonter quand elle s’est penchée, et j’ai vu qu’elle n’avait rien en dessous, la fente de sa chatte déjà brillante entre les lèvres. J’ai posé le couteau. Je l’ai fait tourner, je l’ai assise sur le rebord de l’évier, et j’ai écarté ses genoux.
Elle a posé les talons sur le plan de travail. Je me suis mise à genoux sur le carrelage froid, et j’ai collé la bouche à son sexe. Elle sentait le savon et la peau chaude. J’ai écarté ses lèvres avec les pouces et j’ai léché longuement, de l’entrée jusqu’au clitoris, encore et encore, jusqu’à ce que ses hanches se mettent à chercher ma langue. Giang Ly a pris mes cheveux. Elle ne me dirigeait pas tout à fait, elle demandait, et cette différence m’a brûlée. J’ai enfoncé la langue en elle, puis deux doigts, et j’ai sucé son clitoris pendant que je la baisais de la main, le visage trempé, le menton ruisselant.
Elle a parlé par fragments de souffle, des phrases qui n’étaient plus des plans. Elle a dit qu’elle ne voulait pas que je m’arrête. Elle a dit que la porte de la cuisine était ouverte sur le palier et que ça lui était égal. Je l’ai léchée plus fort. Ses cuisses ont tremblé de chaque côté de ma tête, et quand elle a joui, elle a serré mes cheveux jusqu’à me faire mal, un cri étouffé contre son poing, la chatte qui se contractait sur mes doigts par vagues lentes. Je l’ai tenue là, la bouche encore dessus, jusqu’à ce qu’elle pousse trop fort et que ce soit trop. Alors je me suis relevée, je l’ai embrassée, et elle a goûté sa propre mouille sur ma langue avec un petit rire qui n’avait plus rien de mystérieux.
Nous avons laissé les tomates. Elle m’a tirée vers ma chambre, celle au matelas au sol, et nous n’avons pas parlé du loyer, ni des courses, ni de la fin de l’été.
Dans ma chambre, Giang Ly s’est mise à genoux sur le matelas sans que je le lui demande. Elle a ouvert mon pantalon, a sorti ma chatte de mes sous-vêtements, et m’a léchée comme on prend une décision. J’étais encore habillée par-dessus, debout, et elle était nue en dessous de mon T-shirt. Ses seins bougeaient un peu à chaque mouvement de tête. Je l’ai regardée, et j’ai vu qu’elle voulait que je la voie, pas comme une image, comme une femme à genoux qui avait choisi cet angle.
Quand j’ai eu trop chaud, je l’ai fait reculer, je me suis allongée, et je l’ai attirée à califourchon sur ma cuisse. Elle a frotté sa chatte contre moi, mouillée, ouverte, et j’ai glissé la main entre nous pour la pénétrer. Trois doigts cette fois, parce qu’elle les a pris, parce qu’elle a poussé jusqu’à les avoir tous. Elle a baisé ma main, le bassin large, les yeux fermés, et j’ai senti son clitoris frotter la racine de mon pouce à chaque descente. Elle a demandé, d’une voix plus basse, que je lui tienne les poignets.
Je les ai pris, les deux, et je les ai ramenés dans son dos. Elle a perdu l’appui de ses mains, a dû se tenir avec le bas du ventre, et sa chatte s’est refermée plus fort autour de mes doigts. L’écart de nos corps n’était pas une mise en scène. J’avais le logement, j’avais le lit, j’avais sa demande, et elle s’y était mise toute seule. Je l’ai baisée ainsi longtemps, les poignets serrés, jusqu’à ce qu’elle jouisse en avant, la bouche contre mon cou, un long tremblement qui lui a mouillé le bas du ventre et ma paume. Je n’ai pas lâché tout de suite. Elle a respiré contre moi, et elle a dit qu’elle voulait que je décide, que je dise, que je ne la laisse pas inventer une deuxième version de ce qu’on venait de faire.
J’ai répondu que je n’étais pas un personnage. Elle a hoché la tête, les poignets encore dans mes mains, et pour la première fois elle n’a pas essayé de retourner la phrase.
Nous avons recommencé chaque jour sur ce matelas. Un soir j’ai sorti le gode-ceinture du tiroir, celui que je n’avais pas prévu de montrer à une colocataire, et Giang Ly l’a regardé comme on regarde une chose qu’on a déjà imaginée. Elle s’est mise à quatre pattes. J’ai passé la sangle, j’ai enduit le gode, et je l’ai pénétrée lentement, une main aux hanches, jusqu’à ce qu’elle soit pleine. Elle a poussé un son grave. Je l’ai baisée par derrière, profond, régulier, et sa chatte a fait ce bruit mouillé qui m’est monté dans le ventre. Elle a demandé plus fort. Je lui ai tenu la nuque, pas pour la blesser, pour la garder où elle était, et elle a joui une première fois ainsi, le visage dans le drap, les genoux écartés.
Ensuite je l’ai retournée. Je me suis assise sur sa bouche. Giang Ly a ouvert, a pris ma chatte contre sa langue, et m’a léchée pendant que je la regardais, les cuisses de chaque côté de sa tête. Elle avait les poignets que je tenais au-dessus de son crâne, et elle léchait comme si c’était la seule tâche qu’on lui eût donnée. J’ai frotté mon clitoris sur sa langue, j’ai mouillé son menton, et j’ai joui en lui tenant les mains, le souffle coupé, le goût de sa soumission volontaire plus fort que tout le reste. Quand je me suis écartée, ses lèvres brillaient. J’ai repris le gode, je suis entrée en elle face à face, et je l’ai baisée jusqu’à ce qu’elle jouisse encore, les yeux dans les miens, sans raconter, sans couper.
Elle a demandé que je lui dise quand jouir. J’ai dit maintenant, et elle l’a fait, le corps entier tendu sous moi, un cri qu’elle n’a pas retenu. Après, je l’ai gardée. Je n’ai pas retiré le gode tout de suite. Je l’ai laissée pleine, les poignets relâchés, la respiration inégale, et j’ai posé ma bouche sur son sein, sur sa gorge, sur le coin de sa lèvre. Elle n’a pas bougé pour reprendre le contrôle de la pièce. C’était ça, déjà, le début de ce qu’elle n’osait pas encore nommer.
Une nuit, sans folklore, elle est restée éveillée. La chambre n’avait qu’une petite fenêtre sur la cour, et Paris faisait ce bruit bas des fins d’été, motos lointaines, quelqu’un qui riait six étages plus bas. Giang Ly a collé son dos à ma poitrine et a dit qu’elle voulait être prise dans le noir jusqu’au matin. Pas un rituel dont on parle. Simplement ne pas partir. Je n’ai pas allumé. J’ai passé un genou entre les siens, j’ai trouvé sa chatte déjà ouverte, déjà mouillée, et je suis entrée avec les doigts pendant qu’elle retenait son souffle.
Je l’ai baisée lentement d’abord, puis plus fort, le talon de ma main contre son clitoris, et elle a tendu les bras au-dessus de sa tête pour que je lui reprenne les poignets. Je les ai tenus. Dans le noir son visage n’était qu’une chaleur, une bouche qui cherchait la mienne par instants. Elle a joui une fois, deux fois, les cuisses tremblantes, et chaque fois je suis restée en elle, et chaque fois elle a demandé que je continue. J’ai mis le gode plus tard, à tâtons, et je l’ai pénétrée sur le côté, une main à sa hanche, l’autre à ses poignets croisés. Le matelas a bougé contre le sol. Elle a dit oui, encore, et ce n’était plus une note pour une scène, c’était une femme qui ne voulait plus inventer la sortie.
Vers trois heures elle a pleuré un peu, sans drame, le visage contre mon bras, et elle a dit qu’elle ne voulait plus de deuxième version. J’ai refusé de me lever. J’ai refusé d’être le personnage qu’on coupe au montage. Je l’ai gardée contre moi, le gode encore en elle par moments, ma bouche à sa nuque, et je l’ai baisée chaque fois qu’elle se réveillait en me cherchant. À l’aube la pièce était grise. Nous étions encore dans le même lit. Giang Ly n’avait pas quitté le matelas. Le rituel, s’il y en avait un, était seulement cela : rester.
Le matin elle était encore là, changée d’une façon que je n’ai pas eue besoin de filmer. La lumière entrait de biais, trop honnête, et elle avait une marque de mes dents à l’épaule, une autre à l’intérieur de la cuisse. Je n’ai pas bougé. Elle a ouvert les yeux, m’a regardée sans construire la phrase, et j’ai vu qu’elle ne pouvait plus me couper, ni refaire des autres femmes des rushes qu’on range. Être connue la suivait déjà dans cette cuisine trop petite, et le rituel n’était plus une rumeur. Elle n’avait plus de deuxième version à donner.
Plus tard nous avons fait du café. Elle s’est tenue contre le plan de travail, vêtue de mon T-shirt, et elle a dit qu’il faudrait être une personne ici, y compris pour Camille, Inès et Hélène, si jamais elles passaient, si jamais les histoires d’avant demandaient encore une place. Le film ne serait plus celui qu’elle était venue couper. J’ai versé le café. Je n’ai rien mis à l’écran. Giang Ly n’est pas partie, et le jour s’est levé tout à fait sur un appartement qui n’avait toujours qu’une salle de bain, trop peu de portes, et deux femmes qui n’allaient plus faire semblant de n’avoir partagé que le loyer.