Aller au contenu
1000girls logo
Elena Petrova

Elena dans la salle fermée

Roman érotique amour secretRomance13 min de lecture

Une histoire de Elena Petrova

Elena s'attarde dans un musée parisien déjà fermé. Un homme la trouve entre deux salles. Ce qu'ils font là ne doit exister nulle part ailleurs.

2,4 k lectures738 j'aime

La soirée de mécénat s’était achevée depuis plus d’une heure et les derniers verres avaient disparu des plateaux. Je fermais les salles une à une, les clés froides dans la paume, le parquet qui craquait sous mes pas dans le silence d’automne. Paris dehors n’était plus qu’une rumeur de pluie contre les hautes fenêtres du musée. C’est entre la galerie des bronzes et le cabinet des dessins que je l’ai vue.

Elena Petrova n’avait pas pris son manteau. Elle se tenait devant une vitrine éteinte, le bracelet d’or à son poignet qu’elle faisait tourner sans le regarder, comme si la pièce entière lui appartenait encore. Les invités étaient partis. Le musée n’était plus qu’un corridor de lumière basse et d’ombres trop longues. On voyait qu’elle avait dansé, à la façon dont son poids se posait, et ce soir elle était restée après les discours, après les signatures, après tout ce qui justifie une présence.

« Vous fermez tout, ce soir. » Sa voix était posée, un peu trop nette pour l’heure qu’il était. « Ou vous laissez une salle allumée pour les gens qui n’ont pas fini de regarder. »

Je me suis arrêté à trois pas d’elle, le trousseau encore ouvert dans ma main. Elle n’avait pas dit qu’elle voulait rester. Elle avait dessiné une pièce où quelqu’un d’autre prenait la décision, et elle attendait de voir si je saurais entrer.

« Le musée est fermé au public, » ai-je répondu. « Il reste les gardiens et moi. »

Elle a souri d’un sourire qui n’allait pas jusqu’au bout. « Les gardiens passent. Les conservateurs restent. On pourrait croire qu’une femme seule devant une vitrine, à cette heure, cherche encore un cartel. » Elle a laissé la phrase ouverte. Je n’ai pas demandé ce qu’elle cherchait. J’ai compris qu’elle ne le dirait pas.

La robe noire lui arrivait aux genoux, assez simple pour une soirée de donateurs, assez courte pour que je voie le bas de ses cuisses quand elle se décalait. Autour de nous les bronzes gardaient leurs poses éternelles. Plus loin, une lumière de service balayait parfois le grand hall, preuve que le monde n’avait pas tout à fait disparu. Elle a levé les yeux vers moi et j’ai vu, dans ce regard, une faim qu’elle n’allait pas nommer, et aussi quelque chose de plus fragile, comme la peur d’être comprise trop bien.

« Si je n’éteins pas ici, » ai-je dit, « quelqu’un finira par descendre. »

« Quelqu’un, » a-t-elle repris, et le mot s’est arrêté là. Elle a avancé d’un pas, assez près pour que je sente le parfum froid de la pluie dans ses cheveux. « Il y a des salles où l’on n’entend plus le hall. Des salles où une femme pourrait rester debout contre un mur, et où l’homme qui ferme aurait autre chose à faire que de chercher un interrupteur. »

Elle n’avait toujours pas dit je veux. Elle avait posé la scène sur le parquet entre nous, inachevée, et c’était à moi de la terminer ou de la laisser mourir. Le bracelet a cessé de tourner. Ses lèvres étaient entrouvertes. Derrière le verre de la vitrine, nos reflets se tenaient trop près l’un de l’autre pour un musée fermé.

J’ai posé les clés sur le socle le plus proche. Puis je l’ai embrassée.


Sa bouche s’est ouverte tout de suite, chaude, un peu tremblante, et j’ai senti dans ce tremblement autre chose que le désir, une détresse qu’elle offrait en même temps qu’elle s’y appuyait. Je l’ai poussée contre le mur entre deux cadres, la main dans ses cheveux, et elle a gémi dans le baiser comme si le son lui échappait malgré elle. Ses seins se pressaient contre ma chemise. La robe glissait déjà sous mes doigts. J’ai relevé l’étoffe le long de ses cuisses et j’ai trouvé la peau nue, puis la dentelle mince, déjà mouillée.

« Ici, » a-t-elle dit contre ma bouche, et elle n’a pas fini. Ses hanches ont avancé vers ma paume. J’ai écarté le tissu et j’ai glissé deux doigts le long de sa fente, lentement, assez pour sentir à quel point elle était prête, assez pour la voir fermer les yeux comme si cela lui coûtait. Plus loin, dans le hall, des pas ont résonné une fois puis se sont tus. Elle a figé un instant, le souffle coupé, et ce n’était pas de la peur seule. C’était l’excitation d’être encore dans un lieu public, d’avoir le sexe ouvert sous la main d’un homme pendant qu’un gardien pouvait tourner au bout du corridor.

« Ils ne descendent pas par ici avant l’aube, » ai-je murmuré. « Mais le hall entend. »

Elle a hoché la tête, trop vite, et ses yeux se sont remplis d’une honte qu’elle n’a pas reculée. J’ai glissé un doigt en elle. Elle était chaude, serrée, et elle a mordu sa lèvre inférieure pour ne pas crier. J’ai retiré ma main, je me suis mis à genoux sur le parquet froid, et j’ai relevé sa robe jusqu’à sa taille. Elle n’a pas eu à formuler le désir. J’étais déjà dans la scène qu’elle n’avait pas achevée.

J’ai tiré la dentelle sur le côté et j’ai mis la bouche sur sa chatte. Elle a poussé un son aigu, aussitôt ravalé, et ses doigts se sont enfoncés dans mes cheveux. Je l’ai léchée lentement d’abord, la langue plate sur ses lèvres, puis j’ai trouvé le clitoris et je l’ai pris entre les lèvres, suçant par petites pressions. Le goût d’elle m’a rempli la bouche. Elle était trempée, et chaque passage de ma langue la faisait trembler contre le mur. J’ai écarté ses cuisses avec les mains, je l’ai ouverte davantage, et j’ai enfoncé la langue en elle, aussi profond que je pouvais, avant de revenir sucer ce point dur qui la faisait se cambrer.

« Ne vous arrêtez pas, » a-t-elle soufflé, et même cela n’était pas un je veux, c’était encore une instruction posée dans l’air. Ses genoux fléchissaient. J’ai passé un bras sous une de ses cuisses pour la tenir, et j’ai liché plus fort, plus vite, en la regardant par en dessous. Son visage s’était défait. Il y avait du plaisir et il y avait cette détresse ouverte, les paupières humides, la bouche tordue comme si être lue ainsi, sans avoir eu à le demander, lui faisait mal autant que du bien. Elle a joui contre ma bouche en silence d’abord, puis un gémissement lui a échappé, trop fort pour le musée, et sa chatte a pulsé sous ma langue pendant que je continuais à la sucer jusqu’à ce qu’elle pousse ma tête, trop sensible, encore offerte.


Je me suis relevé. Sa robe était froissée au-dessus de ses hanches, ses cuisses brillantes, et elle me regardait comme on regarde quelqu’un qui vient de traverser une phrase qu’on n’osait pas terminer. J’ai défait ma ceinture. Elle a baissé les yeux vers ma queue déjà dure, puis elle s’est mise à genoux d’elle-même, sans que je le lui demande, les paumes à plat sur le parquet à côté de mes chaussures.

« Une femme à genoux dans une galerie fermée, » a-t-elle dit, et le reste s’est perdu quand elle a ouvert la bouche. Elle a pris le gland d’abord, les lèvres humides, puis elle a avancé, lentement, jusqu’à ce que je sente le fond de sa gorge. J’ai retenu un juron. Ses cheveux tombaient de chaque côté de son visage. Elle a sucé avec une application presque formelle, puis elle a relevé les yeux et il y avait de la malice là, un éclat qui démentait la tenue de la soirée. Elle a retiré la bouche, un fil de salive encore tendu, et elle a passé la langue sous ma queue, de la base jusqu’au bout, avant de me reprendre tout entier.

J’ai posé la main à l’arrière de sa tête, sans forcer, et elle a gémi autour de moi. Le son a vibré le long de ma peau. Plus loin, la lumière du hall a bougé, une tache pâle sur le marbre, et Elena a sucé plus fort, comme si le risque d’être vue la poussait. Ses yeux se sont mouillés. Ce n’était pas seulement l’effort. C’était cette chose en elle qui voulait être prise sur le champ et qui voulait aussi que cela n’existe nulle part, pas même dans une phrase complète. Je lui ai caressé la joue du pouce pendant qu’elle m’avait dans la bouche, et elle a fermé les yeux, trop longtemps, comme si la tendresse était plus dangereuse que ma queue.

« Debout, » ai-je dit. Ma voix était plus rauque que je ne l’aurais voulu. Elle s’est relevée, les lèvres rouges, et j’ai retourné son corps contre le mur, entre un bronze et une cartouche de pierre. J’ai relevé la robe d’un geste. Elle a écarté une jambe. J’ai aligné le gland contre sa chatte encore ouverte, encore trempée de sa jouissance et de ma salive, et je suis entré en elle d’un seul coup, jusqu’à la garde.

Elle a crié contre le creux de mon épaule. Je l’ai baisée debout, fort, les mains sous ses fesses pour la soulever un peu, et chaque fois que je m’enfonçais elle serrait autour de moi comme si elle voulait me garder et me chasser à la fois. Le mur était froid dans son dos. Le musée autour de nous gardait son silence de temple, et c’était cela qui rendait tout obscène, le fait de la remplir ici, contre ces murs qui n’étaient faits que pour être regardés. J’ai ralenti pour la sentir, pour entendre le bruit mouillé de ma queue qui sortait et rentrait, puis j’ai repris un rythme dur. Elle s’accrochait à mon col. Son bracelet cognait contre ma nuque.

« Julien, » a-t-elle dit, une seule fois, comme un accident. Mon nom dans sa bouche m’a traversé plus fort que le reste. Je l’ai regardée. Ses yeux étaient trop ouverts. Il y avait de la honte et il y avait de la faim, et elle n’a pas détourné le visage. J’ai joui en elle en la tenant contre le mur, profond, les hanches collées aux siennes, et j’ai senti mon sperme la remplir par saccades pendant qu’elle serrait, encore, encore, comme si elle voulait tout garder à l’intérieur pour que rien n’en reste dehors.


Nous sommes restés ainsi un moment, mon front contre le sien, ma queue qui ramollissait en elle. Un filet a coulé le long de sa cuisse intérieure quand je me suis retiré, blanc sur la peau, et elle l’a regardé sans le essuyer tout de suite. Ses mains ont lissé sa robe, un geste d’habitude qui n’effaçait rien. Dans le hall, un talkie a craché une phrase courte, trop loin pour les mots, assez près pour nous rappeler que nous n’étions pas seuls au monde.

« Vous avez froid, » ai-je dit.

Elle a secoué la tête, puis elle a eu ce petit rire qui coupait la solennité qu’elle venait de porter. « J’ai le parquet dans les genoux et un conservateur dans la tête. Ce n’est pas le froid. » Elle a repris son sérieux trop vite, comme si le rire l’avait trahie. « Il y a une galerie plus loin. Plus sombre. Si une femme marchait jusque-là, on pourrait croire qu’elle cherche une sortie. »

J’ai ramassé les clés. Elle a marché devant moi, la nuque droite, et je voyais encore la trace humide en haut de sa cuisse quand la robe se soulevait à chaque pas. Nous avons traversé une salle de portraits dont les visages nous suivaient, puis un palier de pierre, puis une galerie latérale où l’on n’allumait plus les appliques après minuit. La pluie tapait plus fort contre les verrières. De là, si quelqu’un avait levé les yeux depuis la cour intérieure, il aurait pu distinguer deux silhouettes. Elena s’est arrêtée sous une verrière, face à cette possibilité, et j’ai compris qu’elle l’avait choisie.

« On voit la cour, » ai-je dit.

« On voit la cour, » a-t-elle répété. Ses doigts ont trouvé le bracelet et l’ont fait tourner, une fois, deux fois, le geste de quelqu’un qui s’approche trop de dire ce qu’elle veut. « Une femme sous le verre, la nuit, avec la robe relevée. Un homme derrière elle. Les gens d’en bas, s’il y en a, ne sauraient pas si c’est une restauration ou autre chose. »

Elle s’est tue. La phrase n’avait pas de fin. Je me suis collé dans son dos, j’ai relevé la robe jusqu’à sa taille, et j’ai passé la main entre ses cuisses. Mon sperme et son mouillé mélangeaient déjà sous mes doigts. Elle a posé les paumes contre le rebord de pierre sous la verrière, et elle a écarté les pieds.


Je l’ai mise à genoux d’abord, face à la cour, la tête un peu basse, et je lui ai présenté ma queue encore marquée d’elle. Elle l’a prise dans la bouche sans hésiter, le goût de nous deux sur sa langue, et elle a sucé plus fort que tout à l’heure, moins appliquée, plus affamée. J’ai tenu ses cheveux. En bas, une ombre a traversé la cour, un gardien peut-être, un reflet. Elena a gémi autour de moi et le son s’est perdu dans le verre. Ses yeux larmoyaient, de l’effort et de cette détresse qu’elle ne reculait pas, cette chose qui la faisait offrir sa bouche dans un musée comme on offre une preuve qu’on ne pourra jamais montrer.

Je l’ai tirée debout avant de jouir. Je l’ai pliée en avant, les mains d’elle toujours sur la pierre, et je l’ai pénétrée d’un coup, plus brutalement, jusqu’à ce que mes hanches claquent contre son cul. Elle a poussé un cri qu’elle n’a pas réussi à ravaler. Je l’ai baisée ainsi, fort, en la regardant parfois dans le verre de la verrière, où son visage apparaissait à l’envers, la bouche ouverte, les seins secoués dans la robe. Chaque fois que je m’enfonçais, elle reculait les hanches pour me prendre plus profond. Le public était une idée, une cour, une possibilité, et cela suffisait à la faire serrer autour de ma queue comme si elle allait jouir encore.

« Plus fort, » a-t-elle dit, et même cela restait une scène posée, pas un aveu. J’ai attrapé ses hanches et j’ai accéléré, le bruit de la chair contre la chair trop net dans la galerie vide. Elle a joui en se tordant, un long tremblement, et sa chatte a spasmé le long de moi si fort que j’ai dû mordre l’intérieur de ma joue pour ne pas la suivre tout de suite. Je l’ai gardée ainsi, ouverte, prise, et j’ai continué jusqu’à ce que ses bras fléchissent. Puis je l’ai retournée, le dos contre la pierre cette fois, une jambe relevée contre ma hanche, et je suis rentré en elle en la regardant.

Ses yeux étaient brillants, trop brillants. Une larme a coulé, une seule, et elle n’a pas eu l’air de la sentir. Ce n’était pas du refus. C’était le prix d’être lue pour la première fois, ici, sans témoin qu’on puisse citer, sans phrase qu’on puisse répéter le lendemain. Je l’ai embrassée pendant que je la baisais, et elle a répondu avec une faim désordonnée, les dents, la langue, les mains dans ma chemise. J’ai joui en elle une deuxième fois, plus longuement, enfoncé jusqu’au bout, et j’ai senti chaque pulsation partir en elle pendant qu’elle me tenait par la nuque comme si lâcher prenait un courage qu’elle n’avait pas encore.


Après, nous nous sommes habillés mal, sans vraiment réparer ce que la nuit avait défait. Ma chemise était froissée. Sa robe retombait, et rien n’effaçait l’odeur de sexe dans l’air froid de la galerie. Elle s’est assise un instant sur un banc de velours défendu, les genoux serrés, et j’ai vu qu’elle souriait à quelque chose qu’elle ne dirait pas. J’ai ramassé les clés. L’aube n’était pas là, mais les fenêtres avaient déjà cette pâleur grise qui précède l’ouverture.

« Revenez, » ai-je dit. Ce n’était pas une scène. C’était une phrase entière, trop claire, et je l’ai laissée ainsi. « Pas pour une soirée. Pour ceci. »

Elena a levé le visage. Le bracelet était immobile. Elle m’a regardé longtemps, assez pour que je croie qu’elle allait achever enfin une de ces phrases qu’elle commençait, assez pour que je voie la tentation et le refus se superposer. Puis elle s’est levée, a lissé une mèche derrière son oreille, et elle a marché vers la sortie de service sans répondre. Aux portes, elle a repris son manteau oublié sur une chaise. Elle n’a pas tourné la tête.

Je l’ai vue disparaître dans la pluie d’automne, le secret intact entre nous, trop réel pour exister ailleurs que dans ces salles fermées. Si elle revenait, le secret devenait une liaison. Si elle ne revenait pas, elle saurait qu’un homme peut la lire, et elle aurait choisi de rester inachevée. La faim d’être lue sans jouer la scène la suit jusqu’à la compagnie, où un homme qui donne des ordres ne jouera pas à deviner.