
Tessa sous l'œil du studio
Histoire érotique plan à troisGroupe12 min de lecture
Une histoire de Tessa de Groot
Tessa de Groot termine un tournage de nuit dans un studio parisien. Mathis, qui l'a d'abord suivie en ligne puis trouvée en ville, est resté après l'équipe. Le photographe n'éteint pas la caméra et le plan à trois commence avant qu'elle ait repris son ton léger.
Le studio du onzième étage gardait encore la chaleur des projecteurs et l’odeur sucrée du parfum que Tessa vaporisait entre deux prises. C’était Paris, une nuit d’automne, et la rue en dessous n’était plus qu’une rumeur de pneus mouillés. L’équipe était partie. Karim n’avait pas éteint la caméra. Tessa de Groot était restée dans la robe courte du tournage, les bas sombres encore collés aux cuisses, le sourire déjà en place comme une dette qu’elle aurait contractée envers la pièce.
Je l’avais d’abord suivie en ligne, puis trouvée en ville. Ce soir-là, j’étais resté.
La lumière restante dessinait encore le contour de ses épaules, cette ligne nette qu’elle savait offrir même quand plus personne ne lui demandait de poser. J’ai regardé trop longtemps le creux de sa nuque. Sous l’oreille, une petite tache de sueur avait séché. Le rouge de sa bouche était un peu trop vif pour l’heure. Le parquet collait légèrement sous mes semelles. Karim respirait par le nez, déjà ailleurs, déjà dans le cadre.
Elle a tapoté l’objectif du bout de l’ongle, légère, comme on salue un complice. L’ongle était laqué d’un rose presque transparent, déjà écaillé près de la cuticule. Elle a souri à la lentille comme à une personne, et j’ai vu Karim ajuster la mise au point d’un geste si petit qu’on aurait pu le manquer.
« Vous deux, vous êtes plus collants que mon chef de service, » a-t-elle dit, et la phrase suivante est arrivée trop vite, déjà convertie en plaisanterie. « Si vous me gardez, au moins dites-moi que le café de la régie n’est pas encore une soupe. »
Sa voix avait ce grain un peu rauque qu’elle gardait pour les stories, ces courtes vidéos face caméra où l’on avait l’impression d’être seuls avec elle. Elle a reculé d’un pas. La robe s’est tendue sur ses cuisses, et j’ai vu le dessin des bas à la jonction de la peau.
Karim a recadré son visage. Le voyant rouge de l’enregistrement n’avait pas cligné. Tessa a ri, trop tôt et trop clair, et ses doigts ont glissé le long de la bretelle comme si le geste appartenait encore au tournage. J’ai avancé. Elle ne s’est pas reculée. Quand j’ai touché le bas de la robe, elle a soulevé les hanches d’elle-même. Le tissu est monté, et j’ai vu qu’elle n’avait plus rien en dessous depuis la dernière série. La peau était chaude sous mes doigts, plus chaude que le studio. Elle a inspiré par la bouche comme si elle allait encore parler. Je lui ai senti le parfum au creux de la hanche, plus fort, presque collant. Elle a baissé les yeux vers ma main, puis les a relevés vers moi. Dans ce regard il y avait déjà le calcul, déjà le plaisir, déjà cette chose qu’elle ne mettait pas dans les légendes. Karim a dit mon prénom sans lever les yeux du viseur, juste « Mathis », posé là comme une confirmation, et Tessa a ouvert la bouche pour une autre blague qu’elle n’a pas eue le temps de finir. J’ai senti son souffle contre mon menton. Elle a mordu l’intérieur de sa lèvre, un tic, et le sourire a tremblé sans tomber tout à fait.
Je l’ai tournée vers l’objectif. Elle s’est mise à genoux parce qu’elle l’a décidé, les bas froissés sur les cuisses. Karim s’est approché avec cette lenteur de photographe qui ne quitte pas le cadre. Le nylon faisait un bruit minuscule contre sa peau. Elle a redressé le dos, puis l’a recourbé, comme si elle cherchait encore l’angle qui lui allait le mieux. Il a ouvert son pantalon. Tessa a regardé la caméra d’abord, ensuite lui, ensuite moi. Elle a pris sa queue dans la bouche sans demander si on filmait encore. On filmait, et elle l’avait voulu. Je l’ai senti à la façon dont elle a écarté les genoux pour moi, et au geste par lequel elle tendait déjà le bas du dos vers mes mains. Ses lèvres se sont ouvertes avec une application presque professionnelle. Puis quelque chose a cédé, plus mou, plus vrai, et elle a pris davantage, la langue plate, les yeux encore levés vers la lentille.
Je l’ai baisée comme ça, par-derrière, la chatte déjà mouillée, pendant qu’elle suçait Karim avec un bruit trop net pour le silence du plateau. Sa salive a coulé le long de la verge. Elle a gémi autour de lui, et le gémissement s’est cassé contre la caméra, contre ce visage qu’elle savait encore offrir. J’ai enfoncé mon sexe jusqu’à la sentir se resserrer, chaude, ouverte. J’ai attrapé ses hanches pour la ramener à chaque coup. La robe lui barrait encore le bas du dos, un tissu trop léger, relevé en désordre. Je sentais sous mes paumes la chaleur de ses fesses et, chaque fois que j’allais au fond, le tremblement discret de ses cuisses. Karim lui a pris les cheveux, pas fort d’abord, juste assez pour que sa bouche glisse plus profond. Tessa a fermé les yeux une seconde, puis les a rouverts, fixés dans l’objectif, et j’ai compris qu’elle se regardait se faire prendre. Une mèche lui collait à la tempe. Elle a avalé, a repris, et j’ai vu sa gorge bouger.
« Plus près, » a murmuré Karim, et ce n’était pas pour moi. Il a avancé le pied d’éclairage d’un cran. Le rouge de la caméra restait posé sur sa bouche, sur l’étirement de ses lèvres autour de lui. J’ai ralenti pour la sentir entièrement, pour entendre le bruit de ma queue dans sa chatte, ce claquement humide qui remplissait le studio mieux que n’importe quelle playlist. Elle a poussé un son contre le ventre de Karim. Ses doigts se sont crispés sur sa cuisse. Personne ne lui a demandé si elle s’amusait. Elle a écarté davantage les genoux. J’ai glissé une main sous elle et j’ai trouvé le bas-ventre tendu, le poil court encore un peu poudreux du maquillage de plateau. Elle a poussé contre ma paume sans quitter l’objectif des yeux.
« Mathis, » a-t-elle dit autour de Karim, le mot cassé, presque noyé. Ce n’était pas une blague. C’était juste mon nom, posé là comme le sien l’avait été, une confirmation.
On a changé de place sans en parler. Je me suis retiré d’elle. Elle a laissé échapper un souffle, presque une protestation. Karim l’a allongée sur le papier de fond, ce grand blanc froissé des séances de nuit, et il lui a mis ma bite dans la bouche à la place de la sienne. Le goût d’elle était encore sur moi. Elle l’a pris jusqu’à la gorge, trop volontaire pour que ce soit une pose. Karim s’est mis entre ses cuisses. Il l’a pénétrée d’un seul mouvement, plus large que moi, et Tessa a eu un hoquet autour de mon sexe. Ses yeux ont brillé. Le sourire a tenu une seconde de trop, ce réflexe qu’elle devait aux abonnés, puis il a glissé. Je lui ai senti les lèvres humides, appliquées, et le fond de sa gorge qui se fermait puis s’ouvrait au rythme des hanches de Karim. Elle a agrippé mon poignet, et ce n’était pas pour me retenir, c’était pour me garder contre sa bouche.
Karim a cadré serré. Il baisait et il filmait en même temps, l’appareil dans une main, sa hanche dans l’autre. Il lui a tiré les cheveux en arrière pour que l’objectif ait tout le visage. J’ai bougé dans sa bouche au rythme de ses coups. Quand il a changé de trou, elle l’a senti venir. Il a posé le gland contre son cul et a attendu qu’elle pousse d’elle-même. Elle a poussé. Il est entré lentement, et Tessa a lâché ma queue assez longtemps pour dire, d’une voix trop basse pour la blague :
« Ne coupe pas. »
Il n’a pas coupé. Je lui ai remis mon sexe entre les lèvres. Elle a sucé en gémissant, le corps pris des deux côtés, et chaque fois que Karim s’enfonçait plus avant elle se serrait autour de lui, le cul ouvert, la chatte ruisselante contre le papier. Je lui ai tenu la nuque afin de sentir, simplement, qu’elle avançait toute seule. Ses bas accrochaient mes poignets. Le studio n’avait plus d’autre son que ça, la chair, la salive, le petit moteur de la caméra. Elle a joui une première fois sans prévenir, un spasme long, les yeux dans l’objectif, et le sourire n’était plus là du tout. Sa gorge a vibré autour de moi. Elle a laissé couler un fil de salive sur son menton, et Karim a murmuré quelque chose d’inaudible, trop près de l’appareil, trop près d’elle.
Karim s’est retiré d’elle, juste assez pour jouir sur son ventre, des jets chauds qui ont strié la peau encore tendue. J’ai tenu encore, sa bouche trop bonne, trop appliquée, puis je me suis retiré et j’ai fini sur sa poitrine, sur le bord de la robe relevée, le sperme mêlé au sien. Tessa est restée sur le dos, respirant trop fort, les lèvres brillantes. Karim a gardé le cadre sur ce visage-là, celui qu’elle ne poste pas. Personne n’a ri. Personne n’a demandé. Elle a passé la langue sur sa lèvre inférieure, un geste d’habitude, et le geste s’est arrêté au milieu. Une goutte lui coulait entre les seins. Elle l’a regardée descendre, comme si c’était arrivé à quelqu’un d’autre.
J’ai vu la peur arriver, mince, précise. Si elle se taisait trop longtemps, on ne voudrait plus que cette version, celle des soirs qu’elle ne met pas en ligne. Elle a ouvert la bouche. J’ai cru qu’elle allait plaisanter. Elle n’a rien dit. Karim a zoomé. Le voyant rouge insistait sur l’absence. Tessa a écarté les cuisses à nouveau, lente, et sa main a trouvé ma verge encore sensible pour me ramener contre elle. Elle m’a mis dedans toute seule, la chatte chaude et trop ouverte. Puis elle a tiré Karim par le poignet jusqu’à sa bouche.
« Encore, » a-t-elle dit, et ce n’était pas une blague. « Vous me prenez et vous ne me rendez pas le sourire. »
Karim a filtré le moment où la phrase est tombée. J’ai compris, en la sentant se resserrer autour de moi, qu’elle avait voulu exactement ça, le silence, le cadre, les deux corps, et que le contenu n’était plus une dette, seulement un prétexte qui venait de lâcher. Elle m’a regardé pendant qu’elle parlait, pas la lentille, moi, et j’ai eu l’impression d’entrer dans une pièce qu’elle n’avait montrée à personne.
On a recommencé sans éteindre la caméra. Elle s’est mise à quatre pattes entre nous, une bite dans la bouche, la mienne dans la chatte, et le papier de fond s’est froissé sous ses genoux. Karim lui tenait les cheveux d’une main et l’appareil de l’autre, assez près pour que son visage remplisse tout le champ, la bouche distendue, les yeux mouillés, plus aucune lumière de plaisanterie. Je l’ai baisée plus fort, plus profond, et elle a reculé d’elle-même pour prendre davantage. Ses seins se balançaient sous la robe encore accrochée à un bras. Chaque fois que j’allais au bout, elle poussait un son contre Karim, un son qui n’essayait plus de faire rire la pièce. Je lui ai senti les omoplates bouger sous la peau, cette mécanique précise d’un corps qui savait encore se donner en image, même maintenant.
Il n’y avait plus de tournage. Il y avait un troisième corps, le nôtre collé au sien, et la caméra n’était plus qu’un œil qu’elle avait choisi de garder. J’ai glissé un pouce contre son clitoris, pressé, régulier, et Tessa a joui une deuxième fois en se contractant si fort que j’ai dû mordre l’intérieur de ma joue pour ne pas la suivre tout de suite. Karim est sorti de sa bouche. Il a recadré. Il l’a fait se redresser, assez pour que le sperme d’avant brille encore sur sa peau. Il est entré dans son cul à nouveau, plus facile cette fois, et j’étais toujours dans sa chatte, les deux à la fois, son bas-ventre pris entièrement. Elle a posé le front contre mon épaule. Elle tremblait. Elle n’a pas souri. Entre nous, trop près, trop chaud, je sentais Karim bouger, le rythme décalé, et Tessa prise au milieu comme une chose qu’on n’aurait plus su nommer.
« Regarde-moi, » lui ai-je dit, et elle a levé les yeux. Elle ne les a pas levés pour l’objectif. Elle les a levés pour moi. Karim a eu ce visage-là, enfin, le vrai, et il l’a gardé. Je l’ai sentie venir une dernière fois, plus longue, plus nue, les ongles dans mon dos, la gorge ouverte sans un mot drôle, et j’ai joui en elle pendant qu’elle se serrait, pendant que Karim se vidait aussi, profond, les hanches collées aux siennes. On est restés comme ça, trop longtemps pour une prise, assez longtemps pour que le voyant rouge n’ait plus rien à voir avec le travail. Son souffle m’arrivait contre le cou, irrégulier, et elle a dit mon prénom encore une fois, tout bas, sans le convertir en rien.
Après, le silence du studio a changé de nature. Karim a enfin baissé l’appareil, pas tout de suite, assez tard pour que Tessa sache qu’il avait tout. Elle s’est assise sur le papier, la robe remise de travers, le sperme séchant sur le ventre, et elle a ri une fois, petit, comme on teste une pièce pour savoir si le plafond tient encore. Le rire n’a pas pris. J’ai trouvé une serviette dans la régie, derrière les moniteurs, et je l’ai essuyée sans faire semblant que c’était anodin. Elle a laissé faire. L’étoffe a frotté trop fort sur sa peau trop sensible, et elle a fermé les yeux, juste ça, un instant. Karim a parlé des rushes, ces images brutes encore sur le disque, de ce qu’on ne mettrait pas en ligne, et Tessa a hoché la tête trop vite, cette politesse des gens qui doivent encore quelque chose à une version d’eux-mêmes.
« Vous allez me demander si ça va, » a-t-elle dit, et cette fois la blague n’est pas venue. Elle a regardé ses propres mains. « Ne le faites pas. Ou faites-le plus tard. Je ne sais pas encore laquelle de ces deux têtes vous voulez emporter. »
J’ai voulu répondre. Je n’ai rien trouvé qui ne soit pas trop lourd ou trop léger. Elle s’est habillée vraiment. Elle a passé le manteau par-dessus la robe, glissé les bas dans le sac, et elle n’a pas posté. Ça se voyait à la façon dont elle a verrouillé le téléphone sans ouvrir l’application, et parce qu’elle avait abandonné la séquence dans la caméra de Karim comme on laisse une clé chez quelqu’un qu’on n’a pas fini de croire. Elle m’a baisé la bouche près de la porte, un baiser trop tendre pour ce qu’on venait de faire, et j’ai senti qu’elle me confiait un visage que ses soirs ne savent pas porter. Ses lèvres avaient encore le sel, encore la chaleur, et elle s’est reculée avant que je puisse en faire une phrase.
Dans le taxi, plus tard, elle a tapé une phrase. J’étais encore contre la portière, le genou contre le sien, Paris noir et mouillé de l’autre côté. J’ai lu malgré moi, l’écran trop clair : « la prochaine fois, ne me demande pas si ça va. » Elle n’a pas envoyé. Le pouce a hésité au-dessus de la flèche, puis elle a verrouillé, et le message est resté dans le brouillon comme une dette nouvelle, plus secrète que le sourire. Elle a dit Lyon sans me regarder, un tournage, une ville, une date trop vague pour être une invitation. Je n’ai pas demandé si ça allait. Elle a posé la tête contre la vitre. Le studio était derrière nous, la caméra trop pleine, et Tessa avait laissé chez moi une version d’elle que les abonnés n’auraient pas. La pluie faisait des traînées obliques sur le verre. Son genou n’a pas bougé.
Je ne savais pas encore s’il faudrait revenir pour le sourire ou pour son absence. Elle non plus. Des semaines plus tard, je l’ai vue descendre d’un tram à Lyon, le même manteau, le téléphone déjà dans la main, et elle m’a retrouvé quand même, sans avoir jamais envoyé la phrase.