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Natalia Volkov

Natalia au lac de la pleine lune

Nouvelle lycanFantastique11 min de lecture

Une histoire de Natalia Volkov

Natalia Volkov gravit l'alpage pour la nuit de la lune. L'amant qui l'a d'abord marquée a le droit de finir ce qu'il a commencé. Au bord du lac, le changement ne se refuse plus.

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Le lac d’alpage s’étendait noir entre les herbes rases de la polonyna, cette prairie d’altitude des Carpates où le vent d’automne ne ridait qu’à peine une eau immobile. J’avais quitté le camp avec Natalia Volkov après que Stefan m’eut rendu cette lune pour achever la marque, et le reste de la meute demeurait plus bas, hors de vue. Elle avait vingt et un ans, le dos droit de la danse, et elle marchait devant moi sans se retourner, les bottes mouillées par la rosée déjà froide. La crête retenait encore la lune et, au bord de l’eau, il n’y avait personne d’autre.

Son pas ne faisait presque aucun bruit. J’ai regardé la nuque qu’elle m’offrait, les cheveux noués haut, la ligne des omoplates dessinée sous le manteau. Depuis Kiev elle gardait ce silence de femme qui sait qu’on la suit et qui n’accélère pas. L’herbe craquait sous mes semelles tandis que l’odeur de l’eau stagnante se mêlait à la sienne, une odeur de savon froid et de peau chaude que le vent d’alpage n’arrivait pas à disperser.

J’ai dit son nom tout bas.

« Natalia. »

Elle s’est arrêtée. Elle a ouvert son manteau et m’a regardé par-dessus l’épaule, avec cette petite moquerie sèche qu’elle sort quand elle refuse de parler longtemps.

« Tu vas rester habillé, Marek ? »

Sa voix avait ce grain bas, un peu rauque, celui des salles de répétition. Elle n’a pas souri ; elle a seulement laissé le manteau glisser le long de ses bras, et le tissu a fait un bruit mou contre l’herbe.

Je me suis dévêtu sans répondre. Le froid a mordu ma peau, puis le désir l’a chassé. Elle a laissé tomber la chemise. La jupe a suivi, puis le linge, et je l’ai vue entière au bord de l’eau noire, les seins lourds dans l’air, le ventre plat, la toison sombre déjà luisante entre les cuisses. La clarté lunaire lui blanchissait les hanches. Ses pointes s’étaient durcies, brunes, et un frisson a parcouru le bas de son ventre sans qu’elle cherche à se couvrir. Je me suis approché, la queue dressée contre le ventre. J’ai posé les paumes au creux de ses hanches et j’ai collé le gland contre sa fente. Elle a poussé le bassin en arrière. Elle a pris ma verge entre ses fesses et l’a frottée lentement, sans un mot, et la question que je n’avais pas posée a trouvé là sa seule réponse. La chaleur de son sillon m’a saisi d’un coup. Mes doigts ont glissé vers l’avant. Ils ont écarté les lèvres de sa chatte et l’ont trouvée mouillée, chaude, déjà ouverte. J’ai enfoncé deux doigts jusqu’à la paume. Elle a serré sur eux, et un son lui est monté dans la gorge, petit, avide. J’ai recourbé les doigts. Elle a respiré par le nez, les paupières baissées, et ses hanches ont cherché le rythme sans que sa bouche s’ouvre encore.

« Tu es déjà prête. »

Elle a hoché la tête d’un mouvement minuscule.

« Fais-le. »

La lune a touché le fil de la crête et s’est mise à monter.


Je l’ai fait pencher vers l’eau, les mains sur ses genoux, et je me suis aligné derrière elle pendant que la lumière blanche gagnait le lac. Le gland a cherché l’entrée, a glissé contre l’humidité. Puis il a forcé le cercle chaud et je l’ai enfoncée d’un seul coup jusqu’aux couilles. Natalia a crié contre ses dents. Sa chatte m’a pris tout entier, serrée, glissante, et j’ai baisé fort dès la première poussée. Mes hanches claquaient contre son cul ; la verge ressortait luisante avant de disparaître encore. Je tenais ses hanches et je la regardais recevoir. Chaque va-et-vient lui ouvrait davantage le bas du dos, cette ligne de danseuse qui cédait sous moi sans cérémonie. La peau de ses fesses a rougi sous les chocs. Elle a tourné la tête, la bouche ouverte, et j’ai vu ses yeux dans le blanc de la lune.

« Plus fort. »

J’ai obéi. Je l’ai niquée plus avant, plus dru, et le bruit de ma peau contre la sienne a recouvert le clapotis du lac. Elle a lâché un gémissement à chaque coup, plus bas, plus ouvert, et ses seins se sont mis à balancer au rythme. Ma main a gagné sa nuque, a refermé les doigts dans ses cheveux, et j’ai tiré pendant que je l’enfilais. Elle a mouillé davantage, et cela lui a coulé le long des cuisses. J’ai senti le changement me prendre par la mâchoire et par le bas du ventre, une chaleur mauvaise, ancienne, qui n’attendait que la lune pleine. Je suis resté homme encore. Je l’ai prise ainsi. Je lui ai parlé contre l’oreille pendant que ma queue la fouillait.

« Tu vas la garder, cette nuit. Toute. »

Elle n’a pas répondu par une phrase. Elle a poussé le cul contre moi, a avalé encore un peu de verge, et sa chatte a pulsé autour de la mienne. Un râle lui a échappé, presque un rire, cassé par le souffle.

« Alors garde-moi. »

Je lui ai lâché les cheveux pour lui prendre les seins, les malaxer, pincer les pointes jusqu’à ce qu’elle gémisse pour de bon. Ils tenaient lourds dans mes paumes, chauds malgré l’air, et elle a reculé le buste pour les offrir davantage. Le lac renvoyait la lune. Mon bas-ventre s’est durci d’une autre façon. Sous la peau, les os ont commencé à parler, à vouloir une autre forme.


Je ne me suis pas retiré. J’ai continué de la baiser pendant que le poil me poussait le long des avant-bras et que ma mâchoire s’allongeait. Natalia a senti le gonflement à l’intérieur, ma queue qui s’épaississait, qui se durcissait autrement, le gland qui changeait de forme contre le fond d’elle. Elle a eu un mouvement de recul, puis elle s’est archée et m’a repris. Un grognement m’est sorti de la gorge, plus bas que ma voix, et le museau m’est venu, les crocs pesant contre mes lèvres. Je l’ai recouverte de tout mon poids d’homme qui n’en était plus un, le torse velu collé à son dos, et je l’ai enfilée plus fort, plus large, jusqu’à lui faire écarter davantage les genoux sur la berge froide. Sa chatte craquait autour de moi. Elle prenait. Elle voulait et elle avait peur, et les deux passaient dans la façon dont ses doigts s’agrippaient à l’herbe.

« Marek… tu es… »

Elle n’a pas fini. Sa voix s’est perdue dans un gémissement quand je l’ai enfoncée encore.

Je l’ai tournée sans sortir tout à fait, un genou dans la boue, et je l’ai eue sur le dos, les cuisses ouvertes, ma nouvelle forme entre elles. Le poil de mon ventre frottait le sien. Ma queue, déjà plus lourde, plus veineuse, la remplissait jusqu’à lui faire ouvrir la bouche sans un son. Ses seins remontaient à chaque respiration, les pointes dures, et j’ai vu le ventre se creuser quand elle a compris que je n’allais plus tenir longtemps cette forme. J’ai baissé le museau vers sa gorge. J’ai respiré l’odeur de sa peau, de sa mouille, de la peur sucrée qui montait d’elle. Elle a mis les mains dans le poil de ma nuque et elle m’a tiré contre ses seins. Je l’ai niquée ainsi, bête et homme encore mêlés, chaque coup de reins lui soulevant le bassin. Le nœud a commencé à gonfler à la base de ma verge, ce renflement qui allait nous lier. Elle l’a senti, et ses yeux se sont agrandis.

« Marek. »

Son nom à moi, cassé. J’ai poussé plus avant pour que le gonflement s’engage. Sa chatte a résisté, puis a cédé, et le nœud s’est logé, épais, impossible à retirer. Je l’ai eue attachée à moi. Je l’ai baisée par petites secousses, le nœud qui tirait ses lèvres vers l’extérieur à chaque recul manqué. Elle jouissait déjà par à-coups, la chatte qui se refermait par vagues, et moi je n’en étais pas encore là. Ses cuisses ont tremblé contre mes flancs. Elle a serré les dents, puis les a relâchées, et un cri court lui a échappé, avalé par le vent. La lune était haute, et le loup était en moi jusqu’aux dents.


Je l’ai remise à quatre pattes dans l’herbe sèche de la berge, le nœud encore dedans, et je l’ai recouverte tout entier. Mes pattes antérieures ont encadré ses épaules. Le poil de mon ventre a tapissé son dos. Je l’ai prise ainsi, à la manière du loup, les reins qui cognent, le nœud qui la verrouillait, sa chatte ouverte et contrainte de tout garder. Natalia a baissé la tête entre ses bras. Le port de la danse a quitté sa nuque. Il restait une femme à quatre pattes dans l’herbe d’automne, le cul haut, qui recevait une bête et qui poussait des bruits que les planches de Kiev n’auraient pas reconnus. Je lui ai mordu l’épaule sans percer, pour l’instant, les crocs posés sur la peau, et elle a tendu le cou au lieu de se dérober. Sa mouille lui coulait jusqu’aux genoux. Le claquement de mon ventre contre son cul remplissait la cuvette du lac.

Elle a parlé, la voix écrasée contre son avant-bras.

« Ne t’arrête pas. »

Je lui ai parlé, et ce n’était plus tout à fait des mots d’homme.

« Tu la prends. Tu la gardes. »

Elle a répondu par le corps, encore, le bassin qui reculait pour s’empaler plus fort sur le nœud, la chatte qui suçait la verge élargie. Ses seins pendaient, lourds, et balançaient au rythme des coups. J’ai senti mes couilles se resserrer. Le sang me battait dans les gencives. L’épaule gauche, là où la première marque s’était arrêtée, attendait sous mes crocs. Je l’ai léchée. Le sel de sa peau m’a monté dans le museau. Elle a eu un frisson qui n’était plus du froid. Autour de nous l’alpage entier tenait son souffle, et je n’entendais plus que le bruit que nous faisions, chair, poil, eau, et le petit cri qu’elle lâchait à chaque fois que le nœud tirait.


Le nœud a durci d’un coup, s’est calé contre l’os, et j’ai joui en elle par longues décharges, le sperme que le loup poussait au fond, en quantité qu’un corps d’homme n’aurait pas tenue. Au même instant j’ai refermé la gueule. Les crocs ont percé l’épaule jusqu’au sang. Le goût m’a envahi, chaud, métallique, et Natalia a joui sur la morsure, la chatte qui se convulsionnait autour du nœud pendant que le sang lui coulait le long de l’omoplate. Elle n’a rien demandé ; elle a accepté. Sa voix s’est cassée sur un cri qui n’avait plus rien d’une scène, plus rien d’un rôle, un cri de femme enfin déboutée de sa propre danse. Je suis resté vissé en elle, la gueule pleine de son épaule, et j’ai continué de vider mes couilles par saccades pendant qu’elle se contractait, encore, encore, les genoux qui glissaient dans l’herbe mouillée de nous.

Chaque onde la faisait gémir contre la terre. Sa chatte pompait le nœud, avide, et le sperme n’avait nulle part où aller. J’ai relâché la chair sans quitter la plaie. Ma langue a pris le sang. Elle goûtait le fer et le sel et cette odeur à elle que j’avais suivie depuis le premier soir. Natalia respirait par à-coups, le front contre la terre, et sa chatte n’en finissait pas de battre autour du nœud. Je l’ai tenue ainsi longtemps, monté sur elle, le poil collé de sueur et de sang. Quand j’ai pu bouger un peu, j’ai fait rouler le nœud en elle sans le sortir, et elle a gémi dans l’herbe, un son bas, vrai, dont elle n’avait plus la maîtrise.

« Encore… laisse-le. »

Le loup a bougé au fond de son ventre. Il a cherché le changement en elle, l’a touché, l’a fait frémir jusque dans les os. Elle n’a pas tourné ; elle est restée femme sous moi, ouverte, marquée, le sang qui noircissait déjà au bord de la plaie.


Peu à peu le nœud a cédé. Je me suis retiré dans un glissement lourd, et le sperme a suivi, épais, qui lui sortait de la chatte et lui filait le long des cuisses. Je me suis recouché contre elle, encore plus loup qu’homme, et j’ai léché l’épaule jusqu’à ce que le sang cesse de perler. Natalia a tourné la tête vers moi. Il n’y avait plus de moquerie, plus le sourire de celle qui réduit une pièce à une réplique. Ses yeux étaient grands ouverts sur la lune, et sa bouche a cherché le poil de ma joue, un contact petit, épuisé.

« C’est fait. »

J’ai grogné, et c’était oui. Nous sommes restés au bord de l’eau pendant que la nuit reculait. Le froid a repris nos peaux. Elle a glissé une main dans le poil de mon flanc, sans force, et l’a laissée là. Vers l’aube je suis revenu à une forme d’homme, les genoux dans la boue, et j’ai regardé la plaie. Ce n’était plus une entaille inachevée. C’était une marque, nette, profonde, déjà ourlée, et l’odeur de Natalia avait changé avec elle, plus lourde, plus animale, une odeur que n’importe quel nez de la montagne lirait désormais. Elle s’est assise. Elle a touché l’épaule du bout des doigts et n’a rien dit de Kiev, rien de la scène, rien de ce que ce corps de danseuse ne pourrait plus feindre. Elle a seulement appuyé le front contre ma gorge et respiré.

Le jour a pâli le versant d’en face. J’ai levé les yeux. Dans les pins maigres, très haut, un éclat a clignoté, bref, net, plus sec que n’aurait été un reflet de rosée. J’ai plissé les paupières. Ce n’était pas un flanc de meute, ce n’était pas un œil d’animal. Une lunette de visée avait pris le soleil naissant, une vitre ronde oubliée une seconde de plus qu’il n’aurait fallu, et quelqu’un, de l’autre côté du lac, tenait cette vitre contre son visage. Natalia n’avait pas vu. Elle avait la marque au sang séché et ma main dans ses cheveux. Moi je regardais encore le versant, et l’éclat ne s’est pas reproduit, et le bois est resté immobile, d’une immobilité qui n’appartenait plus au bois.