
Saanvi entre deux étages
Sexe dans l'ascenseur bureauBureau12 min de lecture
Une histoire de Saanvi Rao
Entre deux étages, l'ascenseur du siège se bloque. Saanvi et un collègue d'un autre service n'ont nulle part où mettre ce que la semaine a déjà ouvert.
L'ascenseur du siège parisien sentait encore le café trop longtemps réchauffé et le papier glacé des dossiers. Je suis entré dedans à cette heure d'automne où la lumière rase déjà les toits et où les plateaux ouverts, ces open spaces sans cloisons, se vident par pans. Saanvi Rao était déjà là, debout contre la paroi de verre fumé, un dossier de la campagne Héritage serré contre la hanche. Elle montait pour le point de situation. J'allais plus haut, du côté des partenariats, un étage qui n'avait rien à partager avec le sien jusqu'à ce que le bruit, l'autre soir, derrière la porte fermée de son bureau avec Théo, ait fini par me rejoindre plus vite qu'une note interne.
Elle a levé les yeux vers moi sans détourner le visage, et j'ai compris qu'elle savait que je savais.
« Vous avez entendu, » a-t-elle dit, et la phrase n'attendait pas vraiment que je la démente.
Je n'ai pas démenti. Les portes se sont refermées sur nous avec ce petit souffle hydraulique, et j'ai appuyé sur mon bouton pendant que l'espace se resserrait. Nous étions trop près l'un de l'autre. La cabine était trop propre, trop éclairée, trop honnête pour ce que nous allions y laisser. Au-dessus de la porte, la caméra tenait son œil rouge sans cligner, et Saanvi l'a regardée assez longtemps pour que je comprenne qu'elle la voyait vraiment, non comme un décor, mais comme un témoin.
« La consigne, c'est de rester irréprochable, » ai-je dit, plus pour entendre le mot que pour y croire. « Surtout pour Héritage. Surtout ici. »
Elle a souri de côté, ce sourire qui mesure une pièce avant d'y entrer, et le dossier a glissé d'un cran le long de sa jupe de laine fine. Sa chemise de soie prenait la lumière froide de la cabine et la rendait chaude. Je voyais le battement à la base de sa gorge. Elle n'avait plus de porte à claquer, plus de rôle à tenir devant un couloir, plus rien qui la protégeât d'être simplement là.
L'ascenseur a donné un à-coup sec. Les chiffres se sont arrêtés entre deux étages. La lumière a vacillé, s'est reprise, et un silence de machine nous a recouverts, assez dense pour que j'entende sa respiration.
« Ça ne redémarre pas, » a-t-elle dit, plus bas, en posant enfin le dossier au sol contre le bas de la paroi.
« Pas tout de suite. »
Ses doigts ont trouvé le devant de ma chemise, et ce n'était pas un accident. J'ai senti la chaleur de sa paume à travers le coton. Elle a relevé le menton. J'ai baissé le mien. Quand sa bouche a pris la mienne, ce n'était pas une hésitation, c'était une décision, et le goût d'elle m'est entré dedans plus vite que le bon sens. J'ai posé une main à sa taille. L'autre a glissé plus bas, sur la courbe de sa hanche. Elle a avancé les hanches contre moi jusqu'à ce que je sois dur contre le pli de sa jupe, évident, sans excuse. Elle a ri contre ma bouche, un son court, et sa main a descendu jusqu'à ma ceinture avec un calme qui n'avait rien à faire dans une cabine filmée.
Elle a ouvert la boucle avec des gestes trop posés pour l'endroit où nous étions. Le cuir a claqué doucement contre elle-même. J'ai relevé les yeux vers la caméra, cet œil rouge qui enregistrait simplement, et j'ai compris que nous avions déjà accepté d'être vus. Saanvi l'a regardée aussi, une seconde seulement, puis elle s'est mise à genoux sur le sol trop propre, la jupe pliée sous ses genoux. Elle a sorti ma bite de mon pantalon avec une assurance qui m'a coupé le souffle plus sûrement que l'arrêt de la cabine.
J'étais déjà dur, déjà chaud, et l'air recyclé m'a paru plus froid sur la peau découverte. Elle a passé la langue sur le dessous, lentement, comme si elle avait tout le temps du monde entre deux numéros figés. J'ai dû poser une main contre la paroi de verre pour ne pas avancer trop vite dans sa bouche. Quand elle m'a pris, chaud et serré, jusqu'à ce que ses lèvres frôlent presque la base, un bruit m'est sorti que le siège n'aurait pas dû entendre. Elle a sucé avec une intensité régulière, les joues creusées, une main fermée autour de ce qu'elle ne prenait pas encore, et chaque va-et-vient me faisait oublier les consignes, l'image, le mot irréprochable.
Je voyais le haut de sa tête, la soie de sa chemise tendue dans le dos, le rouge de sa bouche autour de moi. J'ai glissé les doigts dans ses cheveux sans les serrer encore, assez pour sentir qu'elle choisissait le rythme. Elle a levé les yeux pendant qu'elle me suçait, et il y avait dans ce regard quelque chose de joueur et de grave à la fois. Ma hanche a bougé malgré moi. Elle a pris plus profond. Sa gorge s'est ouverte un instant, et j'ai mordu l'intérieur de ma joue pour ne pas trop pousser.
Elle s'est reculée juste assez pour respirer, un fil de salive encore tendu entre sa lèvre inférieure et le gland, et sa main a continué de me caresser avec une lenteur presque insolente.
« Si un palier s'ouvre, » a-t-elle dit en relevant le visage, la voix un peu râpeuse, « on ne pourra plus dire que ça n'arrive que derrière une porte. »
« On ne pourra plus, » ai-je répondu. « Et la caméra est déjà là. »
Elle a souri pour de vrai, cette fois, et elle m'a repris dans la bouche comme une réponse. Sa langue a tourné, pressé, exigé, et j'ai dû m'appuyer plus fort contre le verre parce que les genoux ont failli. Le risque n'était plus une idée. Il était dans sa salive, dans le bruit humide qu'elle faisait, et ni elle ni moi n'arrêtions.
Je l'ai fait se relever avant que je perde trop vite ce que je voulais encore lui donner. Elle s'est dressée contre moi, la bouche brillante, la respiration courte. J'ai glissé la main sous sa jupe, le long de la face interne de sa cuisse, jusqu'à trouver le tissu déjà chaud, déjà collé. Elle a ouvert un peu les jambes sans que je le demande. Mes doigts ont écarté la dentelle, et je l'ai trouvée trempée, ouverte, prête depuis plus longtemps que l'arrêt de l'ascenseur. J'ai poussé deux doigts en elle d'un coup assez lent pour la sentir se refermer, et un son lui est échappé, trop vrai, trop mal retenu, qui a rebondi contre le verre.
« Plus fort, » a-t-elle dit contre mon cou, et ce n'était pas une performance.
J'ai courbé les doigts, cherché ce point qui la faisait se tendre, et je l'ai frotté en rythme pendant que mon pouce trouvait son clitoris, déjà gonflé, déjà glissant. Elle s'est accrochée à mes épaules. Sa hanche a bougé pour prendre plus, pour imposer son angle, et je l'ai laissée faire parce que la voir décider m'excitait autant que sa chatte autour de mes doigts. À chaque mouvement je sentais l'humidité descendre dans ma paume. Sa main est retombée sur ma bite, encore mouillée de sa bouche, et elle m'a branlé en même temps, trop juste, trop près de me faire venir trop tôt.
Nous nous tenions debout dans cette lumière trop blanche, le pantalon ouvert, la jupe relevée. J'ai regardé les chiffres morts au-dessus de la porte, puis son visage. Les lèvres entrouvertes. Les yeux un peu trop brillants. Elle essayait encore de se taire, par habitude, et ça ne tenait plus.
« Ils peuvent voir, » ai-je murmuré en lui enfonçant les doigts plus profond, en écartant un peu pour la sentir s'ouvrir.
« Qu'ils voient, » a-t-elle répondu, et sa voix a tremblé sur la fin, pas de peur, d'autre chose. « Je ne gère plus. Pas ici. »
J'ai ajouté un troisième doigt, assez pour la faire se hausser sur la pointe des pieds, et elle a mordu l'épaule de ma chemise pour étouffer le cri. Ça n'a pas suffi. Un gémissement lui est tout de même sorti, rauque, et j'ai senti sa chatte se contracter par vagues incomplètes, comme si le plaisir montait déjà et qu'elle le retenait encore par métier. Je n'ai pas ralenti. J'ai voulu qu'elle lâche, ici, entre deux étages.
Elle a tiré ma main hors d'elle toute seule, les doigts luisants, et elle a relevé la jupe plus haut autour de la taille avec un geste net, presque administratif, qui m'a fait sourire malgré le sang qui battait. Je l'ai saisie sous les cuisses et je l'ai soulevée d'un coup. Son dos a trouvé la paroi, le verre froid contre la soie de sa chemise, et elle a enlacé mes hanches avec les jambes. J'ai baissé le tissu qui restait. J'ai aligné le gland contre son entrée trempée. J'ai poussé.
Elle m'a pris d'un seul trait, chaude, étroite, si mouillée que le glissement a été immédiat et brutal à la fois. Un souffle lui a échappé contre ma bouche, et je suis resté un instant au fond, le front contre le sien, pour sentir comme elle palpitait autour de moi. Elle a serré les talons dans mon dos.
« Bouge, » a-t-elle dit. « Ne m'attends pas. Ne m'attends plus. »
J'ai baisé. Les premières poussées ont fait claquer sa peau contre la paroi, un bruit obscène et clair dans le silence de la cabine. Ses ongles ont trouvé ma nuque. Je l'ai prise plus fort, plus profond, en la soulevant à chaque coup pour que l'angle frappe là où mes doigts avaient déjà commencé le travail. Sa tête a basculé en arrière contre le verre, la gorge offerte, la chemise ouverte d'un bouton de trop.
Je voyais nos reflets dans le panneau d'en face, flous et trop nets à la fois : un homme en chemise, une femme les jambes ouvertes contre une paroi d'ascenseur. Saanvi a suivi mon regard. Au lieu de détourner les yeux, elle a tendu une main vers le reflet comme pour le toucher, puis elle l'a ramenée sur sa propre bouche pour étouffer ce qui montait. Ça n'a pas marché. Un cri étouffé lui est tout de même passé entre les doigts, et sa chatte s'est resserrée si fort que j'ai dû ralentir pour ne pas venir tout de suite.
« La caméra, » ai-je dit contre son oreille, en continuant, plus lent, plus appuyé, chaque va-et-vient la soulevant un peu.
« Je sais. » Elle a retiré la main de sa bouche. « Qu'elle tourne. »
Je l'ai reprise plus vite, et le plaisir l'a emportée avant qu'elle puisse encore le mettre en scène. Son corps s'est tendu contre le verre, les cuisses tremblantes autour de ma taille, et elle a joui en se taisant mal, un son déchiré qui n'avait plus rien d'une consigne, plus rien d'une image. Sa chatte a pulsé autour de ma bite par vagues serrées, chaudes, incontrôlées, et j'ai continué à la baiser à travers ça, plus profond. Des larmes de tension lui sont montées aux cils sans tomber. Elle m'a regardé pendant que ça la traversait, sans fard, et ç'a été le premier moment de la semaine où son visage n'appartenait plus au siège.
Je n'ai pas arrêté. J'ai senti mon propre orgasm arriver bas dans le ventre, inévitable, et j'ai cherché ses yeux.
« En moi, » a-t-elle dit, assez fort pour la caméra, assez clair pour que ce soit un choix. « Adrien. En moi. »
Mon nom dans sa bouche m'a achevé. J'ai poussé jusqu'au fond et j'ai joui en elle par secousses longues, le visage dans son cou, en la tenant contre la paroi pour ne pas la laisser glisser. Elle a reçu ça en serrant, en respirant trop vite, en passant une main dans mes cheveux. J'ai continué à bouger un peu, plus doux, pour vider ce qu'il restait, et chaque petit mouvement la faisait gémir encore, à vif, trop sensible, pas encore prête à ce que je sorte.
Nous sommes restés comme ça, collés, ma bite encore en elle, son dos au verre, le souffle partagé. La cabine n'avait pas bougé. Les chiffres étaient toujours morts. J'ai senti le sperme commencer à couler entre nous, chaud, indécent, et ni elle ni moi n'avons cherché à rattraper ça tout de suite. Elle a ri, un rire bas, un peu cassé, le front contre le mien.
« On est cons, » a-t-elle dit.
« On est filmés, » ai-je répondu. « Et tu as joui plus fort que derrière une porte. »
Elle n'a pas nié. Ses jambes ont glissé un peu, et je l'ai aidée à se retrouver debout, lentement, en sortant d'elle avec un soin qui contrastait avec tout ce qu'on venait de faire. Elle a tiré la jupe vers le bas. J'ai rentré ma bite, encore humide d'elle, dans le pantalon. Nos mains se sont croisées un instant sur sa hanche, et elle a laissé les miennes y rester.
Un déclic a parcouru la cabine, puis un second, plus grave, et les chiffres ont repris leur course comme si rien n'avait eu lieu. Saanvi a ramassé le dossier, l'a resserré contre elle, et j'ai vu une tache sombre trop haute sur le tissu de sa jupe, presque rien, presque trop. Elle l'a vue aussi. Elle n'a pas tiré davantage. Elle s'est juste reculée d'un pas, assez pour que nous ayons l'air de deux collègues coincés trop longtemps.
« Si les portes s'ouvrent sur quelqu'un, » a-t-elle dit en lissant un bouton de sa chemise, la voix redevenue presque nette, « je ne jouerai pas la surprise. »
« Moi non plus. »
Nous avons regardé ensemble le bandeau des étages. Ça montait. Ça pouvait s'arrêter. Je l'ai vue avaler, les lèvres encore un peu rouges, les yeux clairs. Elle a glissé sa main dans la mienne le temps d'un étage, juste les doigts, juste pour dire que c'était réel, puis elle l'a retirée avant que le ding ne sonne.
Les portes se sont ouvertes sur un palier vide, le tapis gris, une plante trop verte, personne. L'air du couloir est entré, plus froid, plus ordinaire. Personne n'est monté. Personne n'est descendu. Saanvi est restée une seconde de trop sur le seuil, le dossier contre la hanche, puis elle a reculé dans la cabine parce que ce n'était pas son étage, et parce que moi non plus je n'étais pas arrivé.
Les portes se sont refermées sur le vide. Nous n'avons pas reparlé tout de suite. J'ai senti le coût s'installer, simple et net : elle ne pourrait plus dire que ça n'arrivait que derrière un bureau. J'existais. La cabine existait. La caméra avait pris ce qu'elle avait pris.
Mon étage est arrivé juste après. Les portes se sont ouvertes à nouveau sur un couloir aussi vide, et ni elle ni moi n'avons bougé tout de suite. Elle a posé le dos de la main contre ma poitrine, un geste bref, presque professionnel.
« Vendredi, » ai-je dit, parce qu'il fallait que ce soit dit avant que les portes ne se referment pour de bon. « L'afterwork est obligatoire. Pour la campagne. Toute l'équipe. Théo. Moi. Les autres. »
Elle a retenu un souffle, et son sourire est revenu, plus mince, plus vrai.
« Obligatoire, » a-t-elle répété, comme si elle goûtait le mot. « Alors on trinquera. Sous les lumières. Avec tout le monde. »
« Avec tout le monde, » ai-je confirmé.
Elle a incliné la tête, déjà en train de recalculer la pièce plus grande. Je suis sorti le premier. Derrière moi, l'ascenseur a gardé Saanvi encore une seconde, le dossier contre la hanche, la jupe un peu trop sage, et les portes se sont refermées sur elle en montant vers le point. Dans le couloir trop calme, je sentais encore le goût de sa bouche, et le fait, désormais impossible à ranger, que vendredi nous serions tous dans la même pièce.